ELEVER AVEC COEUR, RESPECTER AVEC PASSION

Ma Phidippus "veut" venir sur moi

C’est une phrase que j’entends ou que je vois très souvent de la part des adoptants de Phidippus regius :

“À chaque fois que j’ouvre le terrarium, elle veut venir sur moi.”
“On dirait qu’elle me reconnaît.”
“Elle tend les pattes vers ma main.”

Et il faut avouer que la première fois qu’on voit ça, c’est assez surprenant.

On a vraiment l’impression qu’elle nous choisit, qu’elle vient vers nous volontairement, presque comme si elle avait envie d’un contact.

Mais il faut faire attention à une chose : ce que nous ressentons en tant qu’humains n’est pas forcément ce que l’animal vit réellement.

Ce n’est pas qu’elle “veut venir”… c’est qu’elle est curieuse

Les Phidippus sont des araignées très différentes de beaucoup d’autres.
Elles ne restent pas cachées dans un coin à attendre une proie. Elles observent énormément ce qui se passe autour d’elles.

Quand vous ouvrez le terrarium, votre main devient soudain:

  • quelque chose qui bouge,
  • quelque chose qui change l’environnement,
  • et parfois une nouvelle surface à explorer.

Pour une Phidippus, c’est tout simplement intéressant.

Donc elle s’approche, elle regarde, parfois elle pose une patte, elle recule… et parfois elle grimpe.

Ça donne l’impression qu’elle nous reconnaît

Ce comportement peut donner l’impression qu’elle “veut venir sur vous”, alors qu’en réalité, elle explore ce qui se trouve devant elle.

Ça donne l’impression qu’elle nous reconnaît

Beaucoup de gens ont cette impression :

“Elle me regarde.”
“Elle me suit du regard.”

Et ce n’est pas totalement faux.

Les Phidippus ont une vision exceptionnelle pour une araignée. Elles peuvent vraiment suivre un mouvement et observer ce qui se passe autour d’elles.

Mais cela ne veut pas dire qu’elles nous reconnaissent comme un chien reconnaît son maître.

Elles ne se disent pas :
“Ah, c’est mon humain préféré, je vais aller le voir.”

Elles perçoivent surtout un mouvement, une présence, une forme, une surface, une vibration, une possibilité d’exploration ou parfois une source potentielle de nourriture. Elles observent simplement ce qui bouge dans leur environnement.

Et c’est là qu’il faut parler d’anthropomorphisme.

L’anthropomorphisme : quand on prête des intentions humaines à un animal

L’anthropomorphisme, c’est le fait d’attribuer à un animal des émotions, des pensées ou des intentions humaines.

Par exemple :

“Elle m’aime bien.”
“Elle veut un câlin.”
“Elle est vexée.”
“Elle me fait la tête.”
“Elle veut sortir pour être avec moi.”

C’est très humain de penser comme ça. On le fait tous plus ou moins, surtout avec les animaux qui ont des comportements expressifs ou qui nous semblent attachants.

Et les Phidippus sont clairement des championnes pour nous donner cette impression.

Avec leurs grands yeux, leur façon de se tourner vers nous, leurs petits mouvements de pattes, leur curiosité et leur manière d’observer, elles déclenchent facilement chez nous une lecture très émotionnelle.

On a envie d’y voir une intention, un lien, une relation.

Et quelque part, c’est aussi ce qui les rend si fascinantes.

Mais il faut garder une limite importante :
une Phidippus reste une araignée, avec un cerveau d’araignée, des besoins d’araignée et des réactions d’araignée.

Elle ne fonctionne pas comme un mammifère social.

Elle ne recherche pas le contact humain comme un chien ou un chat pourrait le faire. Elle n’a pas besoin d’être manipulée pour être “heureuse”. Elle n’a pas besoin de sortir sur nous pour créer un lien.

Ce que nous interprétons comme de l’affection est souvent simplement de la curiosité, de l’exploration, une réaction à un mouvement ou une habitude liée à l’ouverture du terrarium.

Ce n’est pas méchant de se tromper

Je pense qu’il ne faut pas ridiculiser les personnes qui disent ça.

Quand quelqu’un dit “elle veut venir sur moi”, ce n’est généralement pas par bêtise. C’est souvent parce que la personne est émerveillée, attachée à son animal, et qu’elle cherche à comprendre ce qu’elle observe avec ses propres repères humains.

Le problème, ce n’est pas d’avoir cette impression.

Le problème, c’est d’en faire une vérité.

Parce qu’à partir du moment où on pense que l’araignéeveut” forcément venir, on peut être tenté de trop ouvrir, trop manipuler, trop solliciter, ou de croire qu’on lui fait plaisir alors qu’on la met peut-être simplement dans une situation risquée.

Et c’est là que l’anthropomorphisme peut devenir problématique.

Aimer un animal, ce n’est pas forcément lui prêter nos émotions.
C’est surtout apprendre à respecter ce qu’il est vraiment.

Certaines montent facilement… d’autres jamais

Avec l’expérience, on se rend vite compte d’une chose :
toutes les Phidippus n’ont pas le même caractère.

Certaines vont venir explorer la main presque immédiatement.

D’autres vont :

  • rester à distance
  • observer longtemps
  • ou ne jamais monter.

Et c’est totalement normal. Chaque araignée a son tempérament.

Il faut quand même rester prudent

Même si une Phidippus monte volontiers sur la main, il faut toujours garder en tête une chose :

ce sont des araignées extrêmement rapides.

Elles peuvent :

  • sauter très vite
  • changer de direction d’un coup
  • tomber
  • disparaître en une seconde.

Donc si on les laisse monter, il vaut mieux rester calme et ne pas faire de mouvements brusques, et au dessus d'une table. Voici ici un article complémentaire sur la manipulation en toute sécurité ci dessous: 

Manipulation des Phidippus regius : conseils pour une interaction respectueuse et sans stress

 

Une des choses qui rend ces araignées si fascinantes

C’est justement ce comportement qui fait que beaucoup de gens tombent amoureux des Phidippus.

Elles observent.
Elles s’approchent.
Elles semblent presque réfléchir.

Et parfois, quand elles viennent explorer votre main, on a vraiment l’impression d’interagir avec elles.

Même si, en réalité, elles sont simplement en train de faire ce qu’elles font le mieux :

explorer le monde autour d’elles.

Cette impression est belle, et elle fait partie de la magie de ces araignées.

Mais il faut garder les pieds sur terre : ce n’est pas une demande de câlin, ce n’est pas une preuve d’amour, ce n’est pas un besoin affectif.

C’est une araignée curieuse qui explore le monde autour d’elle.

Et finalement, c’est déjà extraordinaire.

 
 
Afin de vous offrir une expérience utilisateur optimale sur le site, nous utilisons des cookies fonctionnels qui assurent le bon fonctionnement de nos services et en mesurent l’audience. Certains tiers utilisent également des cookies de suivi marketing sur le site pour vous montrer des publicités personnalisées sur d’autres sites Web et dans leurs applications. En cliquant sur le bouton “J’accepte” vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre page “Informations sur les cookies” ainsi que notre “Politique de confidentialité“. Vous pouvez ajuster vos préférences ici.