Les 10 erreurs que j’ai faites à mes débuts avec les Phidippus
(et ce qu’elles m’ont appris)
Quand on commence avec les Phidippus regius, on veut souvent faire le mieux possible.
On lit beaucoup.
On essaye d’anticiper.
On veut que tout soit parfait.
Et paradoxalement… c’est souvent comme ça qu’on fait le plus d’erreurs.
Avec le recul, je me rends compte que j’en ai fait plusieurs à mes débuts. Certaines m’ont fait peur, d’autres m’ont fait culpabiliser, mais toutes m’ont appris quelque chose.
Aujourd’hui, je les partage parce que beaucoup de débutants passent exactement par les mêmes étapes.
1. Donner une proie trop grosse
Au début, j’ai donné un grillon trop gros à une araignée.
Le problème, c’est que les grillons savent très bien se défendre.
Dans la bagarre, mon araignée a perdu une patte.
Ce jour-là, j’ai aussi découvert quelque chose : après cet épisode, ce mâle adulte avait peur des proies.
On parle parfois de mémoire aversive chez certains animaux : une mauvaise expérience peut modifier le comportement face à une situation similaire.
Résultat : il a fini sa vie… en mangeant uniquement des drosophiles.
Une petite araignée, mais un caractère bien marqué.
2. Écraser une araignée dans le couvercle
C’est une erreur qui arrive malheureusement assez vite quand on débute.
Les Phidippus sont très rapides, et il suffit d’une fraction de seconde pour qu’elles soient exactement là où on ne s’y attend pas.
En refermant une boîte, une araignée peut passer sous le couvercle au dernier moment.
Depuis, j’ai pris l’habitude de toujours vérifier deux fois avant de fermer.
3. Trop nourrir
Quand on débute, on pense souvent qu’un animal bien nourri est un animal en bonne santé.
En réalité, chez les Phidippus, trop nourrir peut être dangereux.
J’en ai malheureusement fait l’expérience : une de mes araignées est morte d’une rupture du pédicelle*, la fine jonction entre le céphalothorax et l’abdomen.
Un abdomen trop lourd peut rendre certaines chutes ou mouvements beaucoup plus risqués.
*Lire mon article sur la rupture du pédicelle
4. Reproduire sans avoir réfléchi avant
La première reproduction est souvent excitante.
On veut voir les œufs, les bébés, observer le cycle complet.
Mais on ne pense pas toujours à l’après.
À l’époque, je n’avais pas le réseau ni la visibilité que j’ai aujourd’hui, et distribuer tous les jeunes a été beaucoup plus compliqué que prévu.
La reproduction, ce n’est pas seulement faire naître des animaux.
C’est aussi être capable de leur trouver de bonnes conditions de vie ensuite.
5. Une mauvaise gestion de l’humidité
L’humidité est un équilibre fragile.
Trop humide :
- moisissures
- développement d’acariens.
Trop sec :
- mues ratées
- parfois mort de l’araignée.
C’est un paramètre qui paraît simple… mais qui demande en réalité beaucoup d’observation.
6. Laisser des drosophiles infestées d’acariens près des terrariums
Les pots de drosophiles peuvent parfois développer des acariens.
Au début, je les laissais simplement à côté des terrariums.
Mauvaise idée.
Les acariens peuvent se propager très vite dans un élevage.
Depuis, je fais très attention à isoler les souches douteuses.
7. Utiliser des produits ménagers près des terrariums
C’est quelque chose que beaucoup de débutants ignorent.
Les produits ménagers diffusent des composés volatils qui peuvent être nocifs pour les arthropodes.
Depuis, je fais très attention à ne jamais utiliser de produits chimiques près des terrariums.
8. Faire peur à l’araignée en voulant l’empêcher de fuir
Quand une araignée tente de sortir, le réflexe est souvent de bloquer vigoureusement le passage.
Sauf que pour l’araignée, c’est une menace.
Une fois, en voulant empêcher une fuite trop brusquement… je me suis fait mordre.
Rien de dramatique d’ailleurs : ça ne fait quasiment pas mal, ça pince mais ça ne traverse pas la peau
Mais ça m’a appris une chose importante :
aller doucement est toujours la meilleure solution.
9. Les courants d’air
Un jour, j’ai aéré la pièce très fortement pendant un moment.
Les courants d’air peuvent perturber l’environnement thermique des terrariums et assécher l’air très rapidement.
Les Phidippus tolèrent bien beaucoup de choses, mais les changements brusques ne sont jamais idéaux.
Et mes Néphiles ont encore moins aimé, les 2 n'y ont pas survécu.
10. Un thermostat défectueux
C’est probablement une des situations les plus stressantes que j’ai vécues.
Un thermostat défectueux a provoqué une surchauffe du cordon chauffant de ma batterie de terrariums
Heuresement qu'on a vu tout de suite.
Résultat :
- condensation intense
- température trop élevée (+39°C dans certains terrariums)
J’ai dû sortir toutes les Phidippus de leurs terrariums et les laisser ouverts pour que tout sèche et refroidisse.
Un moment assez intense… qui m’a appris l’importance de surveiller régulièrement le matériel.
Les erreurs font partie de l’apprentissage
Avec le recul, je ne suis pas particulièrement dure avec moi-même sur ces erreurs.
Quand on débute, on veut bien faire.
Et parfois, plus on essaye de bien faire, plus on se complique les choses.
Les Phidippus nous apprennent aussi quelque chose d’important :
parfois, le mieux est simplement de les laisser tranquilles et observer.
L’expérience vient avec le temps
Aujourd’hui, toutes ces erreurs font simplement partie de l’apprentissage.
Elles m’ont permis de mieux comprendre ces animaux et d’améliorer leur maintien.
Et si cet article peut éviter à quelqu’un de faire les mêmes erreurs que moi au début, alors ces expériences auront servi à quelque chose.